PIRATES
Je ne parle pas là des pirates des Caraïbes, au temps des pistolets à poudre et des grands envolées dans les cordes des voiles! Non non, il s'agit là de véritable pirates
modernes, armés de mitraillettes et sévissant dans les eaux au large de la Somalie.
A priori, nous ne courrons aucun risque dans notre navire bien trop grand et rapide pour leurs moyens logistiques.
Mais tout de même, ça rajoute un peu de piment à notre sortie de la mer Rouge.
Dans les escaliers exterieurs, les grilles d'accès au pont principal sont fermées. Toutes les portes des différents étages sont fermées à double tour. Et les lances incendie sont
en place, prêtes à l'emploi pour repousser les éventuels assaillants...
On ne se fait cependant aucune illusion à bord. Si assaillants il doit y avoir, les lances incendie feront pâle figure face à leurs armes à feu. Et il vaudra mieux leur laisser
argent, ordinateurs et bijoux plutôt que de risquer une seule des vies à bord.
A noter que le nombre d'attaques de pirates sur les océans est en nette hausse depuis quelques années.
Nous sommes sortis de la zone dite « à risque » sains et saufs.
ROULIS
Je peux l'écrire maintenant que la traversée se termine... je n'ai pas eu le mal de mer de tout notre trajet! Ouf!
Et pourtant, je relis les premières pages de mon journal de bord...
le 4/1/8 (il y a 33 jours!) « A l'heure où j'écris ses lignes, 00h25, le bateau tangue. Ni malade, ni complètement sereine, je m'en vais me coucher (...) »
La suite du voyage fut beaucoup plus calme. Dans la salle à manger (messroom) un cadran affiche l'amplitude du roulis. Nous avons navigué la plupart du temps avec un roulis de +/-
5° par rapport à la verticale. On s'adapte très vite à ces mouvements du bateau.
Petite précision de vocabulaire:
Roulis = rolling basculement du navire de gauche à droite
Tangage = pitching basculement du navire de l'avant vers l'arrière
Quand le navire est beaucoup moins chargé en containers, il est beaucoup plus léger et beaucoup plus sensible à la houle. Lors de son trajet retour, le cargo va s'arrêter 2
semaines à Singapour en « dry dock » où il sera entièrement vidé et repeint. Sorte de contrôle technique. Nous voyageons donc plutôt léger depuis Sydney, déchargeant plus de containers
que nous n'en chargeons et d'une amplitude de roulis de +/- 5° nous sommes passés à une amplitude de +/- 10°, ce qui commence à être assez marrant! (voir article sur notre matinee rouleuse)
Lors de la traversée de la mer Tasman de Brisbane à Auckland, l'amplitude a atteint environ +/- 15 à 20°. Dans ces conditions, il faut tout bien rangé! Tout glisse, tout tombe! Les jus de fruit
se renversent, la vaisselle casse, les chaises glissent, les couverts tombent... Et notre équilibre est complètement perturbé! Nouvelle discipline: la course de chaises glissantes sur la
moquette. Et pour rester assis en face de son assiette, il faut s'accrocher à la table!
Difficile aussi de trouver le sommeil. Comment dormir quand, à chaque basculement du navire, on roule dans le lit vers le mur puis vers le rebord? Quand tous les objets glissent,
tombent, vibrent? Je me suis levée au milieu de la nuit pour ranger l'ordinateur dans le tiroir et fermer la porte de la salle de bain... tout à coup, le bateau penche, je perds l'équilibre,
tombe et me retiens avec grand fracas sur le mur opposé... pfiouuuuu... je retourne vite me réfugier dans mon lit, mais impossible de trouver le sommeil quand tous mes muscles restent en éveil et
contractés pour éviter de trop rouler...
L'étape douche est elle aussi très acrobatique. Heureusement qu'elle est équipée d'un barre pour se tenir!
De bons souvenirs et de bonnes parties de rigolades! En particulier lors des parties de ping-pong!
Les escales
Avant d'arriver au port, le cargo annonce son heure d'arrivée et prend « rendez-vous » avec le pilote. Celui-ci monte à bord au « pilot station ». L'approche
du port se fait entre les bouées vertes et rouges qui balisent le trajet et peut durer 30 minutes (Auckland) à 4h (Brisbane) suivant la configuration des lieux.
A l'arrivée au port, les agents du port montent à bord: immigration, responsable quarantaine, douane et agent du port. Ils contrôlent les passeports, accordents les visas, mettent
en quarantaine les produits d'origine animale stockés à bord (viandes, oeufs...) et contrôlent les papiers du bateau...
Une fois que nous sommes « clear » nous pouvons aller à terre. Un membre de l'équipage contrôle allers et venues sur le bateau. Il note notre heure de sortie, et nous
donne le « shore leave expire time » (l'heure à laquelle nous devons absolument être de retour à bord). Une navette est appelée et vient pour nous emmener à la sortie du port. De là,
soit une navette nous emmène au centre ville (au centre des marins) soit on peut accéder au centre ville à pieds (Auckland par exemple).
Les « seaman's club » sont des endroits toujours très accueillants et sympathiques. Nous y avons un libre accès à Internet. Nous y changeons de l'argent et achetons des
cartes téléphoniques pré-payées. On peut également y boire thé ou café, acheter des snacks, regarder la télé, lire, jouer au billard ou au ping-pong...
Suivant le temps imparti, la visite de la ville se fait plus ou moins au pas de course.
A Melbourne nous avons eu assez de temps. J'ai craphuter à travers la ville toute l'après-midi.
A Sydney, le trajet jusqu'au centre ville est beaucoup plus long. Nous avons eu le temps de visiter l'aquarium et de filer au pas de course à l'opéra. Nous avons passé la soirée tranquillement
installés autour d'une bière bien fraîche pour nous récompenser de ces heures de marche « éprouvantes » ;o)
A Brisbane, nous n'avons pu que « admirer » le port et ses containers.
Maintenant, direction le centre-ville d'Auckland, apparemment à 20 minutes à pieds!
Aotearoa merite bien son nom... "Le pays du long nuage blanc".
Voila la vue que nous a offert Auckland a notre arrivee:
Les changements d'heure
De Paris à Auckland, quand l'une est à l'heure d'hiver et l'autre à l'heure d'été, il y a 12 heures de décalage. En avion, on ne se pose pas trop de questions, une fois atterris
en terre promise, on change les montres pour les synchroniser avec l'heure locale. En bateau, c'est tout à fait différent. Les changements d'heure se font petit à petit, tout au long du trajet.
Pendant la traversée de l'océan indien, nous changions d'heure environ une fois tous les deux jours. Lors de la traversée de la mer Tasman, nous avons changé d'heure 3 fois en 2 jours. Le but
recherché par le capitaine étant qu'il n'y ait aucun changement d'heure la veille d'une escale ou au moins pas le jour-même!
J'imaginais que les changements d'heure se faisaient, comme pour le passage d'heure d'hiver à l'heure d'été, au milieu de la nuit. C'est en fait à la discrétion du capitaine. Il
décide de l'heure à laquelle doit s'effectuer le changement d'heure. Notre capitaine préférant que l'équipage puisse bénéficier de nuits complètes pour récupérer, c'est un fervent partisan du
changement d'heure en plein milieu de la journée: nous avons vécu de véritables trous dans l'espace-temps à l'heure du déjeuner!
Il est 12h29, le déjeuner se termine et nous allons entamer notre rituelle session café-thé. Je me lève pour aller faire bouillir de l'eau et préparer nos tasses respectives: 1 grosse cuillère à
café pour les caffé longo de David et Hedi, 1 simple cuillère à café pour le « nespresso » d'Aldo et un sachet de thé vert pour moi... quand je reviens à table avec les breuvages de
chacun, il est 13h31!!!
J'honore la réputation de la rapidité du service dans les restaurants de notre chère France...
Autre curiosité du changement d'heure, en Australie, tous les états n'ont pas la même politique du Day Light Saving. Lors de nos 2 premières escales, Melbourne et Sydney, nous
étions à l'heure d'été australienne... et lorsque nous avons rejoint Brisbane nous avons dû reculer nos montres d'une heure pour revenir à l'heure d'hiver
australienne... Voilà pourquoi, de Brisbane à Auckland, nous avons dû changer d'heure 3 fois en 2 jours (deux fois à minuit puis une fois à 12h30) alors que seulement 2 fuseaux horaires les
séparent.
La lune et la voûte céleste
La traversée des océans , seuls au milieu de nulle part, sans lumières parasites, est idéale pour admirer la voûte céleste! A condition que les nuages ne s'incrustent pas
trop!
Dans l'hémisphère sud, nous découvrons toute une partie des étoiles qui nous sont cachées dans l'hémisphère nord.
J'ai découvert entre autres Centaurus, la fausse Croix du Sud et la célèbre Croix du Sud, point de mire de notre route vers la Nouvelle-Zélande dont elle est l'effigie du
drapeau.
J'ai eu l'occasion de voir quelques étoiles filantes et de faire quelques voeux....
Et enfin, j'ai eu la surprise de découvrir que la lune est « à l'envers » dans l'hémisphère sud! Terminée la règle du « p » et du « d » pour savoir
si la lune est croissante ou décroissante. Une fois dans le sud, la lune forme un « d » quand elle est croissante et un « p » quand elle est décroissante... à en perdre son
latin!
Qu'en pensez vouge ?